O Sidera – quintet mixte a capella

O SIDERA

Chants de la Mystique chrétienne

Acathiste , 2ème Stance, (Hymne byzantin de l’Annonciation) ● 5mn

“Carmina chromatico” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 1min

” Sibylla Persica”, Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Lybica”, Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus● 2mn

“Sibylla Delphica” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus● 2mn

Cheruvikon, “Nous qui dans ce Mystère représentons les Chérubins” Hymne byzantin ● 6mn

“Sibylla Cimmeria” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Samia” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Cumana” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Hellespontiaca” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

” Sibylla Phrygia” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Agni Parthene”, Hymne marial byzantin St Nektarios d’Egine ● 5mn

 “Sibylla Europea” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Tiburtina” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

“Sibylla Erythrea” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

 ” Sibylla Agrippa” Prophetiae Sibyllarum, Orlande de Lassus ● 2mn

Polyeleos, Psaumes 134-135, chant de louange byzantin ● 6min

  • Lila Hajosi : mezzo, direction, arrangements
  • Julie Azoulay : contralto
  • Benoît-Joseph Meier : ténor
  • Guglielmo Buonsanti : basse
  • Alessandro Ravasio : basse

Chants de la Mystique chrétienne

« Grand Inconnaissable, Ô le poignant appel de ta flûte ! »
Rabindranath Tagore

Attaché à promouvoir la musique ancienne et à s’approprier des répertoires peu représentés, c’est vers la Mystique chrétienne à travers les figures des Sibylles, Chérubins, du Mystère de l’Incarnation.. autour du « grand inconnaissable » divin, où la raison se perd et où esprit et musique prennent les sentiers de l’étrange et du rêve que se tourne l’ensemble avec « O Sidera », programme en quatuor mixte qui mettra en perspective les Prophéties des Sibylles de Roland de Lassus avec des extraits du répertoire byzantin.

Les Prophéties des Sibylles – Orlande de Lassus

Douze Sibylles, devineresses antiques deviennent au Moyen-Âge les pendants des Prophètes,
annonçant pour certaines depuis le fond des âges (II-VIIe siècles) la venue d’un enfant qui
deviendra le Sauveur du Monde. On comprend la fascination de la Renaissance, résolument
tournée vers l’Antiquité, pour ces textes nimbés de mystère.
Michelangelo les peint au plafond de la Chapelle Sixtine. Et c’est peut-être alors qu’il est {
Rome comme Maître de Chapelle de St Jean de Latran que Roland de Lassus les rencontre et
puise dans leurs figures aux noms déjà si oniriques et évocateurs de lointains merveilleux
(Sibylla Delphica, Persica, Erythrea, Cumana, Hellespontiaca, Libyca..) l’inspiration de ce
recueil composé quelque part entre Rome, Anvers et Munich, pendant cette courte période de
disparition (1554-1555) durant laquelle nul ne sait avec certitude ce qu’est devenu le
compositeur.
C’est en 1556 entre les mains d’Albert V de Bavière qu’il dépose cette partition hors normes,
issue de la nouvelle pratique portée aux nues par Nicola Vincentino. Le même défend la
modernité de ce chromatisme absolu et fascinant hérité d’une Antiquité fantasmée, dont
Roland de Lassus s’empare avec tant de génie et de sensibilité pour ses Prophéties. Le Duc de
Bavière tombe sous le charme de la musique et du musicien et s’attache les services de ce
« divin Orlande » jusqu’{ la mort de celui-ci en 1594. Fou de cette œuvre unique, le Duc la fait
éditer en quatre riches manuscrits (un pour chaque voix), ornés des miniatures sublimes du
peintre Hans Mielich représentant chacune des douze prophétesses, les médaillons de leurs
noms et un portrait de Lassus. Puis… les fait mettre sous clé, s’en réservant l’exclusivité.

Par ses harmonies énigmatiques et étranges pourtant écrites dans une verticalité
rythmique rendant avec limpidité à l’oreille ces textes mystérieux, cette œuvre offre
une beauté unique, effleurant l’intangible, touchant aux limites de la sensation sonore
par l’accumulation de ces chromatismes propres { faire vibrer les oreilles de
l’auditeur comme celles des chanteurs. D’exécution délicate, elle est
malheureusement peu donnée mais mérite tant, par son génie, par le voyage unique
qu’elle propose aux portes du Mystère, d’être partagée.

 
Chants du Mystère à Constantinople

« … car tu es un Dieu inexprimable, incompréhensible, invisible, insaisissable… »
Divine Liturgie de St Jean Chrysostome


Des ondulations litaniques du Cheruvikon préparant la Communion et faisant de
l’assemblée des fidèles les vivantes images du chœur des anges { six ailes aux
paroles de Gabriel de l’Acathiste portant l’embryon de vie qui changera la face
du Monde, à la transe flamboyante du Polyeleos, la musique byzantine fait écho
à une conception orthodoxe du Mystère qui a su conserver une humilité
immense face { la tentation de la simplification et de l’explication, et donc de
l’anthropomorphisation du divin. La force de la foi s’y traduit par une
acceptation, un accueil de l’inconcevable, de ce qui échappe nécessairement {
l’Homme, lui octroyant ainsi sa place de simple créature { la surface du monde.
La liturgie est chant, jamais paroles, la musique, offrande et célébration
humaine, se mêle à la fumée de la myrrhe, image de l’Esprit. Le temps est lisse,
plus strié.